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Ceux qui durent…

Ceux qui durent…

Article rèdigè par Yann K. pour l’Association culturelle Zenit

L’engagement politique, quelles que soient les formes qu’il revêt, est un cheminement long et difficile surtout quand on appartient a la race “maudite” des hommes d’honneur. Certes, les compagnons de voyage sont nombreux pour qui la politique représente tantôt une carrière lucrative, tantôt un exutoire à une vitalité débordante et au trop-plein d’illusions, tantôt une maladie initiatrice à la veille de l’entrée dans la vie socioprofessionnelle. Ils sont nombreux, ces “militants” d’un soir qui vous toisent de leur fougue tout juste éclose et qui vous jugent sans appel au seuil de leur nouveau hobby. Loin de nous l’idée de leur jeter la pierre. Ils sont utiles comme tout les insectes d’une immense fourmilière qui se construit laborieusement. Ils ont des raisons, qui ont force de loi, de s’arrêter en chemin: la carrière, la famille, les affaires, le renom… ne sont souvent que les alibis honorables de renoncements faciles mais que voulez-vous dire à celui qui a décidé de s’asseoir quand l’heure est de marcher?

Il ne nous appartient pas de juger mais notre silence est aussi méprisant que leurs alibis sont honorables. Ils sont nombreux aussi, les spectateurs qui acquiescent aux sacrifices des autres comme la populace aux jeux du cirque. Les bonimenteurs de la révolution. Les généraux de comptoir. Les paralytiques du purisme idéologique. Les empereurs du petit écran.

Oui, ils sont nombreux, tant à gauche qu’à droite ou nulle part, ceux-là dont l’action politique –c’est-à-dire tout ce qui touche à la vie- se limite à bêler dans les prairies de la démocratie. Parfois, surtout à gauche, ils achètent leur pesanteur en finançant le sacrifice des autres, les “pauvres” de la grande politique. Loin de nous l’idée de les maudire. Ils sont utiles comme les coolies d’une œuvre de géants. Ils ont l’excuse de la santé fragile, du travail harassant, de la famille accaparante et des soucis de la vie quotidienne. Ils ont l’excuse d’être petits devant la vie. Ils restent encore nombreux, enfin, ceux que la peur hideuse, le conformisme atavique, la stérilité spirituelle rendent idiots.

Le panache superbe de l’idiotie triomphante. Les pédants de nos jardins artificiels. Comme les héliotropes, leur activisme se borne à se tourner vers le soleil. Inutiles comme les hochets d’un coffre à jouets inaccessible, ils ne nous préoccupent guère. Ce sont les clarinettes de la mode qui passe… Nous avons ainsi fait pratiquement le tour de la faune politique sous toute ses formes. La gauche en est pleine. La droite en est pleine. Le “marais” en déborde.

C’est la grande tribu des politiciens, des politicards des “politicules” de l’urne et de l’isoloir. Il n’y a pas de quoi se lamenter du vol des éphémères. Mais convenons cependant que l’action politique véritable- celle qui fait l’histoire- se trouve ailleurs. Elle est dans l’engagement total et sans partage au service des valeurs européennes, qui sont source de vie et de liberté. Elle est dans le sacrifice vivifiant des gestes apparemment gratuits qui ensemencent le futur. Elle est dans le pas à pas extraordinaire du laboureur de jadis, traçant son sillon dans le sol meuble.

L’engagement politique ne devient vrai qu’au moment où il cesse d’être enfin un jeu ou une fin pour devenir une façon de vivre et d’espérer.

La révolution est une maîtresse qui ne se donne qu’à ceux qui savent la conquérir. Le combat politique est souvent la longue quête de cet amour impossible. L’avenir appartient a ceux qui durent et qui ne se laissent corrompre ni par le temps, ni par l’argent, ni par la quiétude du monde absurde qui nous assaille, ni par le chant des sirènes. Le monde appartient au hommes qui cessent d’être “des hommes qui prient pour devenir des hommes qui bénissent”, comme l’écrivait Nietzsche. Ceux-là font l’Histoire, pour qui la vie est un apostolat politique de tous les instants. Et rien n’a de sens hors de l’Histoire. Notre Europe connaît heureusement encore cette race de “seigneurs” (car ils en sont). Nous pouvons nous honorer d’en compter quelques-uns parmi nos camarades. Ceux-là écrivent chaque jour, à travers tant de renoncements secondaires, tant de sacrifices anodins, tant de gestes faciles en apparence, la saga de ce vieux continent qui n’en finit pas de mourir dans les mains de nos cartomanciennes. Puissent les nôtres appartenir à la race de ceux qui durent et qui, seuls, comptent…


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